La taille du cerveau des différentes espèces de primates ne permet pas de prédire leur intelligence. 

D’après une étude de Claudia Fichtel, Klara Dinter, Peter M. Kappeler. The lemur baseline: how lemurs compare to monkeys and apes in the Primate Cognition Test Battery

      L’étude se penche sur les capacités cognitives des lémuriens, qui ont un cerveau relativement petit par rapport à celui d’autres primates. De tests utilisant des méthodes identiques ont montré que les capacités cognitives des lémuriens ne diffèrent guère de celles des singes et des grands singes. Au contraire, cette étude met en lumière que la relation entre la taille du cerveau et les capacités cognitives ne peut être généralisée.

 

cerveaux primates étude

Chez les primates, cependant, les espèces peuvent différer jusqu’à 200 fois en termes de taille de cerveau. Les chercheurs de l’unité « Écologie comportementale et sociobiologie » du DPZ ont testé trois espèces de lémuriens avec le PCTB. (« batterie de tests de cognition des primates »).
Les lémuriens représentent le lien évolutif entre les primates et les autres mammifères, ils servent donc de modèle vivant concernant l’origine des capacités cognitives des primates. L’étude a examiné les lémuriens à queue en anneau, les lémuriens à collerette noire et blanche et les lémuriens souris grise, qui diffèrent par leur système social, leur régime alimentaire et la taille de leur cerveau, non seulement entre eux, mais aussi par rapport aux singes et grands singes de l’Ancien Monde testés précédemment.

Les résultats de la nouvelle étude montrent que malgré leur cerveau plus petit, les performances cognitives moyennes des lémuriens dans les tests du PCTB n’étaient pas fondamentalement différentes des performances des autres espèces de primates. Cela est même vrai pour les lémuriens souris, qui ont un cerveau environ 200 fois plus petit que celui des chimpanzés et des orangs-outans. Néanmoins, les espèces de primates au cerveau plus volumineux ont obtenu de meilleurs résultats concernant le raisonnement spatial. Mais aucune différence systématique dans les performances des espèces n’a été constatée, ni pour la compréhension des relations causales et numériques, ni dans les tests du domaine social. Et ni le régime alimentaire, ni le système social, ni la taille du cerveau n’ont pu expliquer les résultats des expériences PCTB.

L’étude montre que les capacités cognitives ne peuvent pas être généralisées, mais que les espèces diffèrent plutôt en termes de compétences cognitives spécifiques à un domaine. Par conséquent, la relation entre la taille du cerveau et les capacités cognitives ne peut pas être généralisée. L’étude représente la première investigation systématique et comparative des capacités cognitives chez les lémuriens et fournit des indications importantes sur l’évolution des capacités cognitives chez les primates. Cependant, l’équipe de recherche souligne également que d’autres études comparatives dans une variété d’autres espèces sont essentielles pour répondre aux nombreuses questions sur la relation entre la taille du cerveau, l’alimentation, la vie sociale et la cognition. Pour aller plus dans le détails, lire l’étude complète ici.